© CRTC Hauts-de-France - Stéphane Bouilland

7 cathédrales gothiques pour s’émerveiller

Rompre avec les turpitudes du quotidien et lâcher prise oui, mais comment ? Hegel nous donne sa réponse en invoquant le « Beau » en ces termes « Nous avons besoin de la beauté pour arrêter enfin de penser et pour oser penser autrement ». L’art gothique, qui émerge en France au moyen-âge répond idéalement à cette expression du Beau tel que Victor Hugo et d’autres aimaient à le penser. Dans le sud des Hauts-de-France, les bâtisseurs du moyen-âge ont eu l’audace de relever tous les défis : élever l’esprit tout en élevant l’âme en six cathédrales et une basilique, fleurons de l’art gothique d’incroyables dimensions, avec voûtes sur croisée d’ogives et arcs brisés… Une façon de s’éveiller à ce qui nous dépasse !

Beauvais _ Cathédrale Saint-Pierre _ Cathédrale Infinie © CRTC Hauts-de-France - Ludovic LeleuBeauvais _ Cathédrale Saint-Pierre _ Cathédrale Infinie © CRTC Hauts-de-France - Ludovic LeleuBeauvais, Cathédrale Saint-Pierre, Cathédrale Infinie © CRTC Hauts-de-France - Ludovic Leleu
Amiens

01. La Cathédrale Notre-Dame d'Amiens

Se rapprocher des anges

Prendre du recul et de la hauteur : une belle solution pour oublier les petitesses du quotidien… Touchez la perfection du doigt à la cathédrale d’Amiens, bible de pierre en majesté et classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

Quand vous aurez gravi les 307 marches au cœur de l’art des bâtisseurs, le panorama qui s’offrira à vous, vous invitera forcément à la méditation avec des ambiances changeantes selon le moment de la journée : ton vert laiteux souvent nimbé de brume le matin, couleurs empourprées le soir avant de se laisser envoûter par le bleu nuit. En haut des tours, vous êtes si près de la galerie des rois que vous percevrez l’humanité bienveillante de ces géants (3 m 75) à travers l’expression de leur regard et leur sourire…

Soucieux d’offrir la perfection de leur art à Dieu, les tailleurs de pierre tenaient à soigner les détails, même s’ils étaient invisibles du sol ! Ainsi la flèche qui culmine à 112 m vous semblera incroyablement proche. Du parvis, la façade et sa statuaire foisonnante donnent également le vertige. A l’intérieur de ce « Parthénon du gothique », vous pourrez mesurer l’audace des bâtisseurs du moyen-âge qui ont allégé la pierre pour inonder l’intérieur de lumière. L’alignement des colonnes est renversant, il tire le regard vers la cime, toujours plus haut, 42 mètres « incomparable dans sa sublime simplicité », dira Paul Claudel.

Laon

02. La cathédrale de Laon

Au sommet de la montagne !
La « montagne couronnée » semble tout droit sortie d’un livre d’histoires fantastiques !

Perchée tout en haut d’une butte dominant la plaine, la silhouette de la cathédrale de Laon est visible à des kilomètres à la ronde. Quand vous êtes en approche, levez les yeux vers le ciel et laissez-vous étourdir par sa verticalité en tentant d’imaginer comment toute cette dentelle de pierre est arrivée jusqu’ici ! Savoir qu’elle a servi de modèle pour la Cathédrale de Chartres ajoute encore au plaisir de la découverte ! 210 marches à gravir pour atteindre le sommet mais la récompense, c’est la vue à couper le souffle ! La montée dans les tours est aussi l’occasion d’apercevoir les bœufs gravés dans la pierre. Une illustration de la « légende des bœufs de Laon ». On raconte que lors de la construction de la cathédrale et de l’acheminement des charrois de pierre tout là-haut, l’un des équipages s’affaissa de fatigue. Un bœuf blanc miraculeux serait alors apparu et aurait aidé le charroi à transporter la pierre. Tout un mythe ! La nef qui s’élève sur quatre étages vous transportera dans un autre univers tout comme la clarté laiteuse qui règne sous les voûtes ! Pendant le mois d’août, lors de la mise en lumière de la cathédrale, les gargouilles se réveillent pour peindre.

Noyon

03. La cathédrale Notre-Dame de Noyon

La plus harmonieuse des cathédrales de France

 

 

C’est Rodin qui le dit ! Charlemagne y fut sacré roi des Francs et Hugues Capet y fut couronné quelques années plus tard, c’est dire si c’est l’une des plus anciennes cathédrales de France, la deuxième après Sens. Le décor est campé dès que vous êtes sur la place du parvis bordée des anciennes maisons canoniales reconnaissables car elles sont surmontées par les chapeaux des chanoines. Un charme suranné vous envahit ! Des tours hautes de plus de 100 m finement décorées avec des moulures et des cordons ou bandeaux de feuillage pour l’une d’entre elles. On l’a dit du gothique primitif, témoin important de la transition entre l’art roman et le gothique, mais le plus important, c’est l’atmosphère qu’elle dégage propice à un retour à soi, à une reconnexion avec vous-même.

Senlis

04. La cathédrale Notre-Dame de Senlis

Sous le signe de la Vierge

Sur la place pavée au cœur du vieux Senlis (qui ne compte plus les tournages de cinéma), la petite taille de la cathédrale en fait un vrai cocon pour qui veut trouver apaisement et sérénité. Pas aussi vaste que celle d’Amiens, elle est d’autant plus touchante et vous transporte dans un ailleurs contemplatif. Dès l’entrée, c’est un ravissement ! Le grand portail consacré à l’Assomption de la Vierge qui vient de retrouver sa polychromie d’origine avec les anges qui semblent la soulever… en vous disant que cette Dame du XIIème siècle a été construite sur un site sacré bien plus ancien, vous vous sentirez porté par une énergie du fond des âges : ce n’est peut-être pas un hasard si Séraphine de Senlis a peint ici son « arbre de vie » ! En sortant, arpentez les ruelles pavées alentours et faites un stop aux arènes gallo-romaines de la ville !

Soissons

05. La Cathédrale Saint-Gervais & Saint-Protais

Pure et simple

Si la façade est austère, l’intérieur est de toute beauté ! Vous serez séduit par les proportions harmonieuses de cette cathédrale où tout semble se répondre, des colonnes cylindriques aux arcades pour vous emmener jusqu’à la voûte ! Votre regard sera happé par la nef de plus de 30 mètres et le déambulatoire où s’ouvre une chapelle à deux étages. De trésors en trésors vous serez étonné de découvrir un tableau célèbre : « L’adoration des bergers » de Rubens. Massive, la tour de 66 m de haut supporte les 18 tonnes de ses 8 cloches à la volée. Et pour la petite histoire, il se raconte que Monsieur Lepaon qui était l’un des guetteurs qui veillait sur la ville du haut du clocher au XIXème siècle, y cultivait des haricots qu’il distribuait autour de lui ! La boucle est bouclée avec le fameux haricot de Soissons !

Beauvais

06. La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais

Le chœur gothique le plus haut du monde !

Si la cathédrale de Beauvais est sans nef suite à la chute de sa flèche de 153 mètres, elle n’est pas sans audace ! Elle surprend par ses proportions particulières et par le chœur d’une hauteur prodigieuse (48 m sous les voûtes) baigné de la lumière de ses magnifiques vitraux. Le gothique sublimé… Mais vous serez transporté dans un autre voyage mystique devant les 50 automates parfaitement synchronisés de l’incroyable horloge astronomique qu’abrite cette cathédrale. Contemplez sans retenue les saisons, marées et éclipses… Tous les cycles de la nature figurent sur l’horloge et ses 68 statues. Un moment d’éternité !

Saint-Quentin

07. La Basilique de Saint-Quentin

Des étoiles plein les yeux !

De partout on la découvre. Elle surprend avec un double transept qui lui donne un air anglais. Depuis des siècles, elle apparaît aux pèlerins et aux visiteurs. Première image de Saint-Quentin, la basilique aux allures de cathédrale veille sur la ville. Elle la coiffe d’un diadème où se conjuguent les trésors du gothique. Dans cette ville où tout s’élance vers le ciel, rues, dômes, frontons art déco, la flèche de la basilique donne l’élan ! Les dimensions sont époustouflantes et la vue, que l’on découvre à 37 m de haut, est à la mesure avec la Somme qui se déploie à perte de vue. Lors de l’ascension des 200 marches en colimaçon on vit la vie des gargouilles. Au sommet de la basilique, on tutoie les étoiles et l’on savoure le génie créateur… Une expérience inoubliable !