© CRTC Hauts-de-France - Maxime Dufour Photographies

Lille, bain de culture effervescente

La capitale mondiale du design cache des pépites d’art mural

Lille Métropole, Capitale Mondiale du Design ! Éclectique et bouillonnante, Lille ne pose pas de frontières ; on passe du Palais des Beaux-Arts à Lille3000 en passant par le carillon du beffroi. Elle se révèle aussi un eldorado pour le Street-Art. Sur 4 km, arpentez main dans la main ces rues pleines de surprises et dépaysez-vous : vous êtes en prise avec le XXI ème siècle.

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Street art lillois et azulejos

Facile de trouver le point de départ de la visite guidée du Street Art lillois. Tout le monde connaît Saint-So au 17 du boulevard Jean-Baptiste Lebas. Saviez-vous qu’à moins de cent mètres de là, il y a des œuvres de plus de vingt mètres de haut ? « Cela m’étonnerait car les gens en ville regardent leurs pieds. Je les invite à lever les yeux, ce qui permet de voir la ville différemment», promet Julien Prouveur, coordinateur du collectif Renart qui mêle artistes internationaux et talents locaux créé pour « faciliter l’accès à l’art pour et par tous ». On commence la visite à l’entrée de la Gare Saint-Sauveur avec Hervé Di Rosa, artiste globe-trotter qui a inventé l’Art Modeste. Il a réalisé à Lille une fresque monumentale de 4 m sur 10 m d’azulejos de Lisbonne qui aligne ses cyclopes bienveillants.

Les gens en ville ont tendance à regarder leurs pieds. Je les invite à lever les yeux. Lever la tête, c’est déjà changer de regard

Couleurs de la diaspora polonaise et serpent à plume mexicain

Au coin de la rue de Maubeuge, la Pologne exprime en couleurs ses liens miniers avec Lille.  Ici, la fresque géante au pochoir de Marius, artiste polonais mondialement connu, en impose. Il signe en tout petit M-City des allusions à l’épopée du charbon et l’immigration polonaise.

Tout près, place à la poésie romantique du couple de pochoiristes franco-autrichien Jana et Js. Tournez la tête et vous verrez… un poisson ; l’un de ceux disséminés dans toute la ville par le collectif Poisson. Dans la rue Dupetit Thouars c’est le travail de six graffeurs du BIG (pour Battle Internationale de Graff). Sur le mur juste en face, des artistes mexicains mettent à l’honneur les minorités dans leurs fresques sur fond de justice sociale et de métaphores festives sur la faucheuse.

Dans le quartier Moulins, les graffeurs mexicains déroulent des messages de paix. Le duo d’artistes mexicains Tlacolulokos a travaillé avec la calligraphe Lady Alezia du collectif Renart. « On lui doit l’injonction ‘Hydrate-toi d’urbaine liqueur’ par laquelle elle a voulu passer un message d’amour au milieu des symboles des gangs », confie Julien qui nous emmène observer le serpent à plumes de 20 m du mexicain Spaïk sur le métro aérien de la Porte de Douai.

Prendre un pot : bar du vieux-Lille ou terrasse d’un potager collectif ?

De retour à Saint So, le bistrot iconique attire, comme la terrasse du potager de la ferme urbaine. Cette Farm for change en pleine ville qui aligne houblonnière, ruches et pots à cultiver invite les Lillois à préférer les légumes issus de graines non hybrides d’espèces parfois peu connues, et surtout à apporter ensemble des réponses concrètes aux questions dans l’air du temps : comment peser moins sur la planète ? Plus loin, des collectifs de riverains profitent des « permis de végétaliser », transforment leur rue et quartier puis s’organisent pour entretenir le tout durablement. Rue Camille Desmoulins par exemple. Alors Lille, capitale du design verte !

Hommage à Charles de Gaulle, l’homme du « Nord »

Son portrait s’affiche partout signé Mister P, le street artiste Thomas  l’évoque : « Je cherchais à exprimer ma fierté pour Lille où je suis né. J’ai tout de suite pensé au Général ». Le voilà sur la Grand-Place qui porte aujourd’hui son nom, à deux pas de la pâtisserie Meert où le jeune Charles gardait toujours quelques francs pour une gaufre. Le voici encore à l’angle de la rue du Béguinage et de la rue Princesse, où il est né chez ses grands-parents maternels. « Coller son portrait à cet endroit était un hommage. Ce qui m’intéresse c’est la dimension universelle de l’image. J’ai collé le portait du général avec son képi près de 1 000 fois à travers le monde : du Sri Lanka, à Los Angeles, de Paris au Portugal… Seul de Gaulle a cette dimension internationale». Et il est Lillois.

Toute sa vie, d’ailleurs, fut placée sous le signe des Hauts-de-France. Baptisé à l’Eglise Saint-André de la rue Royale, scolarisé Place aux Bleuets. L’été c’était Malo-les-Bains, Wimille ou Wimereux, puis la Braderie. Au sortir de Saint-Cyr, il choisit le 33eme RI d’Arras. Il épouse Yvonne Vendroux à Calais. « Le Nord représentait une éthique, un mode d’éducation, une manière de voir. Il ne convenait pas d’être expansif », confie Philippe de Gaulle à propos de son père. Jacques Chaban-Delmas évoque un homme « des grandes plaines, des ciels illimités (…) un homme de la brique et de l’ardoise ; des corons et des usines ». Mister P ajoute « un homme droit, devenu icône ».

Conseil d'habitant

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Prenez de la hauteur sur le beffroi de l’Hôtel de Ville

Du haut du beffroi, on a une vision exceptionnelle de la région lilloise, entre 20 et 50 kilomètres à la ronde selon le vent. C’est remarquable, il permet de mieux comprendre ce que tu vas voir ou ce que tu as visité. On peut voir la ville de Lille et la métropole lilloise avec ses différents quartiers et différentes époques (par exemple Villeneuve d’Ascq et les tours du Nouveau Mons), le Bassin minier d’Hénin-Beaumont à Nœux-les-Mines, Vimy, la crête de Notre-Dame de Lorette et de l’autre côté les monts de Flandre jusqu’à la Wallonie… L’Hôtel de Ville de Lille est le plus grand de France, après Paris. Le beffroi est ouvert à la visite depuis août 2010, tous les jours de la semaine. Nous avons battu notre record de fréquentation en 2017, avec 35 000 visiteurs (200 000 au total).

Olivier DUHAMEL, passionné d’architecture et de l’urbanisme de la métropole lilloise
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